Ayant pris goût aux efforts combinés après ma première expérience Palaisienne d’aquathlon, j’ai eu envie de la renouveler à Antony sur une épreuve double sprint organisé le vendredi 6 juin en soirée ( !?).
C’est donc un vendredi soir que je me suis présenté à la piscine des Iris accompagné de mes hooligans à moi et rien qu’à moi qui ne feraient pas de mal à une mouche malgré les apparences (là, ils ne font que s’empoigner à qui mieux-mieux pour trancher cette si délicate question, qu’ils n’ont toujours pas réglée, de savoir si je suis arrivé premier ou troisième à Palaiseau : « Mais reste là Claire que je t’explique ! ») mais dont le soutien indéfectible m’est si précieux.
L’accueil est, comme toujours, super sympa, particulièrement de la part d’une charmante douanière (bonjour collègue) qui nous dévoile les mystères de la recette du double sprint au chocolat.
Il s’agit d’une épreuve combinée de 275 m. de natation en bassin de 25 m. enchainés par 2 000 m. (non, non, ce n’est pas le dénivelé mais seulement la distance totale de course Olivier. Je sais, je sais : petit joueur !) de course à pied à réaliser deux fois avec un intermède d’un quart d’heure entre les deux.
A l’issue de ces deux manches, on additionne les temps et les 16 meilleurs (8 jeunots, 4 vieillissants mais toujours vaillants et 4 sirènes) participent à une finale composée de 175 m. de natation et de 1 500 m. de course.
En fait tout tient dans la gestion de la course : il faut savoir se ménager pour enchainer les deux manches ultra-rapides tout en allant suffisamment rapidement pour s’assurer de la qualif (et non pas s’assurer de la Calife !) pour la finale. Dans ce cas et afin de ménager des neurones mis à mal par une dure semaine de labeur, le mieux c’est d’adapter la tactique d’une extrême complexité de Guillaume qui lui réussit si bien en ce moment : partir à fond, accélérer au milieu et finir au sprint !
Il n’y a plus qu’à poser ses affaires pour la transition et à se faire marquer comme du bétail (mais quel bétail !) en observant, non sans une certaine délectation, que j’ai déjà gagné 926 places au classement de la fédération internationale de tri passant de la marque 961 à Palaiseau à la 35 en à peine deux semaines : OUWAHH QUEL HOMME !!! ;-))
Etant arrivé suffisamment tôt pour pouvoir fignoler l’échauffement, j’en profite pour aller reconnaitre le parcours. Et en route pour une petite course de 2 km sur le parcours de l’épreuve : c’est bien la première fois de ma vie que je reconnais l’intégralité du parcours de course à l’échauffement (c’est vrai que sur 2 km c’est plus facile que sur Marathon) !
C’est pas mal du tout, cela permet de reconnaitre les difficultés et les pièges du parcours et d’éviter les erreurs en course : il faudra que je recommande ce système de reconnaissance intégrale précompétitive à Olivier et à Guillaume pour l’UTMB ; en plus cela devrait leur permettre d’arriver suffisamment chaud-bouillant au départ de la course.
Bref après cette petite mise en bouche, place aux choses sérieuses et rdv dans la piscine pour les consignes.
Et c’est là que je m’aperçois que l’on n’est pas venu pour rigoler : autant à Palaiseau le plateau mixait agréablement coureurs de club et famille venues se faire plaisir, autant là il n’y a quasiment que du club avec les combi-tri adaptées et le regard dévoré par la niaque. Et moi je n’ai aucune difficulté pour faire le gros de la troupe : à force de fréquenter des gens de plus en plus affutés, j’en parais de plus en plus gargantuesque. Je vais me remettre au rugby pour me sentir de nouveau gringalet si cela continue.
Surtout que moi, je n’ai même pas pris la peine de me faire le maillot… mais qu’allait-il faire dans cette galère !
Enfin, quand il faut-y aller …. Le principe de la course est le même qu’à Palaiseau avec un départ par vagues, sauf que si à Palaiseau, les vagues étaient constituées de façon homogène en fonction du temps de nage prévu pour faciliter une saine émulation, le club d’Antony a fait un choix inverse, mixant dans les lignes d’eau les bons nageurs et les « bofs ». Choix qui se révélera judicieux en bassin de 25m. et sur seulement 275 m. pour étirer les lignes et éviter les bouchons qui flottent mais n’avancent pas.
En voyant l’extrême motivation de deux nageurs de ma ligne, j’en déduis piteusement que j’ai plutôt été considéré comme faisant partie de la catégorie des « bofs » (bon organisme mais faible spécialisation ?) en matière natatoire (ou natative, ou natentionnelle ou naturelophate ? je ne sais plus, bref en matière de nage).
Je m’en moque j’ai un super blanc B : pour l’informer du fait qu’il ne reste plus que deux longueurs à parcourir et ne pas le laisser bêtement s’épuiser à faire plus que nécessaire, il est prévu que les organisateurs viennent délicatement tapoter la tête du nageur avec une planche en mousse au virage des 225 m. Je vais demander à Louis de remplacer la planche par un solide rondin de bois et hop, ni vu ni connu, un bon coup sur la tête, je te coule les deux cadors et c’est qui qui se retrouve premier ? C’est-y pas beau l’esprit sportif ?
En attendant effectivement, au coup de pistolet, le ton est immédiatement donné avec un départ en flèche des deux susdits suspects comme on le dit dans tous les bons commissariats de l’hexagone.
La course prend tout de suite une intensité excessive pour moi et je n’ai très rapidement plus que deux objectifs : le premier - certes ambitieux mais que je veux croire réaliste - de ne pas couler et le second, de ne pas me faire dépasser par les deux meilleurs de la ligne qui me talonnent et, éventuellement, d’arriver à doubler le quatrième larron manifestement encore plus à la peine que moi.
Au prix de réels efforts j’arrive à tenir ces deux objectifs qui me tiennent tant à cœur (surtout le premier…) quoique…..
… et j’arrive même à réaliser une espèce de petit exploit (voire de miracle ?) en changeant carrément de couleur de cheveux et de pilosité en plein milieu du bassin.

Mais enfin Isabelle ! si tous les Anes ne s’appellent pas Martin, tous les bonnets noirs ne s’appellent pas Arnaud… Même si je conçois la difficulté de l’exercice photographique en pleine action dans un bassin mélangeant allégrement nageurs déchainés et remous qui ne le sont pas moins, il est évident que ce n’est pas moi : certes, je ne me suis pas fait le maillot mais il y a quand même des limites à ma pilosité infra-brachiale.
Enfin bref, passons…. Après une partie nagée satisfaisante, en ce que je n’ai effectivement pas coulé, que je n’ai pas été doublé par les deux premiers (même s’il s’en est fallu d’un cheveu mais pour me motiver je me suis remémoré avec frayeur mes paniques enfantines et aquatiques après avoir vu « les dents de la mer » : va-t-en, va-t-en méchant requin !!! En attendant, Louis n’a pas dû trouver le rondin dans lequel je plaçais tous mes espoirs…) et que j’ai pu prendre une longueur au quatrième nageur de la ligne, je regagne « légèrement » fatigué l’aire de transition.
L’expérience Palaisienne aidant, Claire préfère conserver une prudente réserve et se garde de me crier que je suis premier (dommage !), je ne vais pas rejoindre le bord du bassin pour récupérer (encore plus dommage !!!) mais je me rue sur mes chaussures équipées de tout nouveau freelace (merci Manon !) que j’enfile en un tour de main ou plutôt de pied et je récupère mon maillot, ayant pris soin de nager en shorty afin de ne pas perdre de temps à remettre de short par-dessus le maillot de bain….
Bref tout va pour le mieux, transition impeccable !....sauf que, rien n’étant parfait en ce bas monde, je m’aperçois très rapidement que mon très seyant et très technique pour la course à pied maillot en « coolmax » est « inenfilable » en plein mouvement sur un corps mouillé et je dois me démener dans tous les sens pour enfin arriver à mes fins sous le regard compatissant mais néanmoins goguenard d’un organisateur du tri d’Antony : « C’est pas pratique hein ? » ; « Ben non, c’est pas pratique le maillot en « y-a-bien que max-pour-rester-cool-avec » ! ».
Et en route pour 2 km d’emballement dans un état de fatigue déjà bien avancé. J’en profite pour doubler deux jeunes féminines sorties avant moi et un des deux cadors de ma ligne de nage, manifestement moins à l’aise dans l’exercice pédestre : ce qui est bien avec l’aquathlon pour les gens comme moi, c’est qu’il s’agit d’une épreuve combinée ! Même en étant moyen en nage et guère meilleur en course à pied on peut toujours se faire plaisir en brulant au final la politesse à des nageurs ou à des coureurs qui vous ont littéralement ridiculisé dans leur domaine de prédilection : je ne doute pas que Dom pourrait me prendre aisément 2 mn sur 2 000 m. de course à pied mais je pense que je pourrais les récupérer en nage en soudoyant son canard-bouée fétiche !
Enfin, trêve de philosophie palmipèdique, je termine l’épreuve au vingtième temps sur 45 concurrents en 12 mn et 55 s et en faisant une drôle de surprise à Isabelle puisque l’arrivée se juge derrière le point de départ où elle m’attendait (je n’ose dire désespérément … d’une part parce que cela serait prétentieux quant à l’intensité de l’affection que me porte ma dulcinée, même si je n’en doute pas et d’autre part parce que ce serait humiliant pour moi en ce que cela révélerait un délai d’attente exactement proportionnel au temps désespérément long que j’ai passé à courir …).
Tant pis, pas de photo de la partie courue mais ce n’est pas grave je la retrouve avec Claire et clairement avec plaisir, Louis étant depuis longtemps enrôlé par une bande de jeunes pousses qui ont décidé de débarrasser Antony des célèbres dragons qui hantent ses châteaux fantasmagoriques ( !?) …
Pas mécontent d’en avoir fini…. allez la puce merci pour ton soutien et maintenant on rentre à la maison !....
…Comment cela ce n’est pas fini ? Quelle seconde manche ?!!!
Ah oui, c’est vrai qu’il s’agit d’une épreuve en double sprint : mais j’en peux plus moi, qui est le sadique qui a inventé le concept ?
Enfin, si tu voulais pas le faire t’avais qu’à pas t’engager comme on dit à la légion et après un quart d’heure de décompression active (vautré sur la pelouse, les bras en croix à chercher mon second souffle), rebelote.
On se jette à l’eau et on repart pour 275 m. de sprint car il faut y aller à donf ! … (mais comme aurait dit un de nos ministre dont je tairai le nom par charité, à l’issue d’un conseil éponyme à son collègue en charge de la politique de la ville qui prônait la même philosophie pour lutter contre la déshérence des banlieues : « Tu sais Fadela, tu as tout à fait raison : pour saisir la réalité du problème des banlieues, il faut à tout prix y aller, à donf ! Mais au fait cela se situe dans quelle région donf ? »).
Pfou, pfou, pfouuu… ben là, j’ai toujours pas trouvé donf …. Allez, je repars !
Nouvelle transition, toujours plus épuisé et toujours avec le même souci de maillot collant inenfilable : vite le TGV-V, magnez vous de déterminer la couleur des maillots de cap que l’on pourra reprendre pour les combi-tri, j’en ai marre !!! ….
Et en route pour une nouvelle course dans les mêmes conditions avec rattrapage et doublement de mes féminines et de l’expert de la nage de ma ligne qui du coup rigole moins (épreuve combinée, non mais !)…
Et enfin la délivrance avec une arrivée sous les vivas de Louis, de Claire et d’Isabelle qui cette fois ne s’est pas trompée de lieux et qui immortalise l’instant ;-))… où je prie pour ne pas être qualifié pour la finale et être obligé de remettre cela… j’en peux plus !
Au final et avant la finale que finalement je ne finaliserai pas (ouf !), je termine 21ème sur 45 concurrents et 8ème vétéran sur 10 (mais comme souvent dans les sports d’endurance, ce sont des cadors les quarantenaires rugissants !) avec une relative satisfaction s’agissant de ma gestion de course puisque j’ai réussi une deuxième manche assez proche de la première : 13 mn 03 s (avec des temps estimés de 4 mn 26 s en natation et de 8 mn 08 s en course, soit un peu plus de 14,700 km/h, avec une transition de 30 sec) au lieu de 12 mn 55 s (pour des temps estimés de 4 mn 17 s en natation et de 8 mn 07 s en course, soit pas mieux, avec une transition de 30 sec) pour un total de course de 25 mn 58 s.
Et je le prouve :
Ensuite, c’est place aux costauds et les 12 premiers des éliminatoires s’élancent dans une épreuve ultra explosive de 175 m. de natation et 1 500 m. de course à pied où les meilleurs donnent effectivement l’impression d’avoir réglé le problème des transitions en courant sur l’eau (si, si il parait que cela c’est déjà fait dans un rythme plus … randonneur - je n’ose dire trailleur de peur de fâcher - il y quelques deux milles ans) dans une nage surpuissante et extrêmement impressionnante même si au demeurant elle ne parait pas des plus orthodoxes. Mais je m’en moque moi, maintenant, je sais comment les battre : il me suffit de me faire greffer des pâles à la place des bras et de demander à Dom ou à Guillaume de me remplacer dans la partie courue !
En conclusion, encore une bien belle soirée entouré des miens et de sportifs de haut vol (ou de basses eaux) dans une superbe ambiance, avec un seul regret tout de même, la faiblesse de la participation du TGV-V et l’absence de mes copains et copines qui me manquent.
Alors que, pour rassurer les court-toujours du TGV-V, je leur précise que la part relative de chaque effort joue grandement en leur faveur.
En effet, (accrochez-vous les littéraires : c’est bientôt le bac!) si un assez bon nageur-coureur A nage les 275 m. en plus ou moins 4 minutes et parcourt les 2 km en plus ou moins 8 mn 45 s, transition comprise, soit un total de plus ou moins (Quelle rigueur dans la démonstration tous ces « plus ou moins » ! C’est Quentin qui va se marrer quand je vais lui rappelé l’importance vitale qu’il y a à être précis dans ses réponses au bac ! désolé manana de fouler aux pieds tes judicieux enseignements) 12 mn 45 s par manche, le coureur-nageur B du TGV-V, en courant à une moyenne qui lui est tout à fait soutenable sur 2 000 m. (voire qui constitue son allure de confort pour les meilleurs) de 16 km / h peut régler la distance en 7 mn 30 s et 12 nanosecondes (précis les chronos d’Antony !), ce qui lui laisse 5 mn 14 s moins 12 nanosecondes pour la partie nagée (soit 30 % de temps plus que le nageur-coureur A) afin de boucler la manche en 12 mn 44 s, et arriver devant le nageur-coureur A, sauf si son « plus ou moins » se transforme en « plutôt moins que plus » mais là c’est la glorieuse incertitude du sport qui se moque des formules algébriques qui dicte sa loi ! (mais peut-être pas premier concurrent C quand même qui lui, non seulement court à bien plus de 16 km / h, mais qui en plus fend l’eau comme un poisson sans sa casserole).
Allez, c’est décidé, dès demain j’achète un jeu de bouées-canards et tout le monde à l’eau !!!