Fin aout 2005, un homme de 74 ans (397 - HOLZNER Julius) montait sur le podium de l'UTMB sous mes yeux ébahis. Il venait de boucler cette course mythique en 41 heures…Il avait l'air frais et reposé lorsqu'il reçu son prix de premier de sa catégorie V4H, alors que simultanément, les tous derniers, plus jeunes, finissaient leur course l'air épuisé, quelque peu hagard, en passant près de lui sur le podium.
Il s'est alors produit un déclic en moi, la pas sportive des années lycée, (devenue plus sportive plus tard tout de même avec la pratique d'un peu de voile, puis de l'alpinisme, du VTT etc), l'obstinément non coureuse. Cela a été une révélation : je me suis dit qu'il fallait que je me mette à la course à pied pour deux bonnes raisons : cela avait l'air de conserver, et j'avais le temps (sinon les capacités) d'arriver à son niveau !!
Automne 2005, pendant que je me mettais laborieusement à la course en comptant les minutes courues (3 minutes, tenir encore 2 de plus pour faire 5 … dur dur) se concoctait une 1ere édition d'une course qui avait des chances de bénéficier de l'aura de l'UTMB mais qui me paraissait moins "monstrueuse" que cette dernière : la CCC.
Je décidais de la courir un jour, coûte que coûte. J'en informais des amis qui me regardaient d'un air bizarre, pensant certainement que j'étais une douce rêveuse.
28 aout 2009, 9h00 je me retrouve à Courmayeur, équipée le plus légèrement possible, sous l'arche de départ !! Pas d'appareil photo, (ce qui m'évitera de papillonner comme j'ai l'habitude de le faire, pour photographier des fleurs en position macro, le nez dans l'herbe) pas de bâtons, la veste de pluie la plus légère que j'aie trouvée sur le marché, un corsaire plutôt qu'un collant devant la météo clémente. Mon expérience en ultra est faible. Mon entrainement a été modeste compte tenu de ma vie de médecin et de mère de quatre enfants, et d'une gastro récente. J'ai de plus pris du poids depuis quelques mois, et je suis une lente. J'espère donc optimiser en portant très peu. J'ai troqué mes vieilles Lafuma lourdes contre les SLab de Salomon super légères et bien suspendues offertes aux coureurs et assistants de la Transpyrénéeene 2008. J'ai encore dérogé à mes habitudes en mangeant du gatosport pour le petit déjeuner avec un thé vert au lieu de mon sempiternel seul café au lait. Autre fait inhabituel, j'ai repéré le parcours il y a un peu plus d'un mois, en suivant les conseils avisés de coureurs habitués au lieu de partir tête baissée dans l'inconnu.
Tous mes p'tits loups et Olivier sont là pour m'encourager et m'assister. Cette année on a inversé les rôles !
J'évite de parler aux copains, autres coureurs, connaissances depuis la veille à Chamonix. Je suis étonnamment peu stressée mais trop sure de l'être si j'entends des "alors, prête?" alors que j'en doute. Mais malgré toutes mes incertitudes, plus j'approche de la course et plus j'y crois, plus je pense pouvoir finir.
10 heures, c'est le départ, la musique "Across the moutains" (titre bien choisi pour l'occasion) de Vangelis du film Alexandre retentit dans les hauts parleurs.
Petit trot en léger sur régime sous un bon soleil jusqu'au début de la montée sur Bertone, avec déjà les encouragements de ma famille dans la traversée d'Entrève, puis bouchons qui me permettent déjà de récupérer !! J'en profite pour bavarder avec les coureurs les plus proches, je glisse une petite pub au passage pour la Montagn'hard .. Petit agacement en constatant que des coureurs doublent là ou tout le monde fait la queue à l'arrêt …Au ravitaillement ca bouchonne autant que dans la montée. Je me faufile pour faire remplir mes bouteilles, et ressors pile poil à 12h23 comme indiqué sur le road book qu'olivier m'a préparé ! Bonne idée que d'avoir pris des bouteilles au lieu d'un camel back, cela se remplit beaucoup plus vite.
Puis vient la grande montée vers la tête de la Tronche, dans laquelle quelques crampes dans les mollets m'inquiètent un peu car il est très tôt et j'ai très peu de Sporténine sur moi. Les seuls deux comprimés que je prends me les feront finalement disparaître définitivement. Je n'ai plus qu'une idée en tête : tenir les horaires prévus, et ca marche ! J'entame la descente sans faire de pause, et double du coup tout un paquet de coureurs arrêtés au sommet. Ceux qui me précèdent ne semblent pas d'une agilité extraordinaire dans la pente raide. J'en viendrais presque à piaffer d'impatience, parce que je ne peux pas doubler. Du coup dès que le dévers devient moins important sur ce chemin étroit, j'accélère, et me prenant au jeu, me mets à doubler régulièrement pendant toute la descente. J'arrive cette fois avec 5 minutes d'avance à Bonatti, fait la queue à la fontaine pour faire le plein d'eau, et redémarre.
Je décide, compte tenu de mes 5 minutes d'avance, de m'arrêter à peine quelques mètres au dessus du refuge, car les pieds chauffent déjà. Je mets des Compeed sur les ampoules effectivement déjà présentes, mais ils sont trop petits …et la douleur est pire en redémarrant .. 5 minutes de perdues pour rien … Tant pis, j'appellerai Olivier pour qu'il m'apporte mes super pansements Epitact à Arnuva, mais …je n'ai plus de réseau…
Le cheminement est facile et agréable, jusqu'au virage (déjà là !) qui marque le début de la descente vers Arnuva dans laquelle j'ai envie de me lâcher. Manque de chance, cela bouchonne à nouveau … A l'approche du ravitaillement, j'entends des cloches, et je retrouve tous mes supporters, qui, comme je m'en doutais se sont postés exactement comme lorsque nous attendons Olivier sur l'UTMB !
Le ravitaillement est plein, difficile d'attraper tucs et soupe bien salés qui devraient aider à faire disparaître toute crampe. Je m'installe pour refaire des pansements plus efficaces, mais … Olivier s'est trompé de sac. Il n'a pas mes pansements préférés. Heureusement il a tout de même sur lui des Algoplaque films que je mets en surépaisseur sur les compeeds. Je profite des toilettes du ravitaillement (tu vois isabelle, je bois suffisamment, conformément à tes conseils envoyés par SMS !!) et repars avec cette fois un peu de retard mais ampoules obligent, et je ne veux pas refaire les mêmes erreurs que sur le semi raid de la Réunion...
Bisous à mes trois aînés. Fabien et Oivier me suivent dans le début de la montée vers le grand col Ferret, jusqu'à la limite autorisée par le règlement, où nous nous donnons RV à la Fouly. Je refais la moitié des réserves d'eau à la source du refuge Elena et arrive au col, étonnée d'être déjà là, beaucoup plus rapidement que pendant la reconnaissance pendant laquelle je m'étais trainée au même endroit.
Grand col Ferret, il fait froid. Beaucoup de coureur font une pause photo (pour moi, pas besoin puisqu'elles sont déjà faites pendant la reconnaissance) ou barre énergétique (pas besoin non plus, ayant les mains libres sans bâtons finalement surtout encombrants, je mange tout en avançant, depuis le début de la course). Je plonge direct vers la Suisse (déjà !) et son Val ferret, et stimulée par le petit vent frais, comme dans la descente précédente, je double tant et plus. Je pense au conseil d'Olivier : "là si tu cours bien, cela paye" et je le mets à exécution. Je ne ralentis quasiment pas jusqu'à la Peule puis la Fouly, sauf dans les passages où il y a trop de monde. Je vois avec bonheur le panneau de la Léchère, gîte ou nous avions passé notre première nuit pendant la reconnaissance et j'arrive avec huit minutes d'avance au ravitaillement, trop tôt pour mes accompagnants qui ont erré avant le grand Col Saint Bernard comme j'ai l'habitude de le faire moi aussi !! Je suis un peu triste de ne pas les trouver là, mais super stimulée par l'idée que j'ai fait trop vite !!
Je me reprends tuc et saucisson (super mélange savoureux!), soupe, coca, échange quelques mots avec deux "collègues" qui mangent en face de moi, passe encore par les toilettes et redémarre avec sept minutes d'avance. J'ai donc passé le temps qu'il fallait au ravitaillement.
Je suis à nouveau stimulée par la fraicheur qui arrive, et reprends mon petit trot régulier. Je traverse Praz de Fort sans fléchir, et atteins le début de la montée vers Champex sans avoir vu ma famille !! J'ai eu néanmoins Olivier au téléphone régulièrement, et nous convenons qu'il va me rattraper dans le début de la montée pour me donner les quelques gels qui me manquent et qu'il n'a pas pu me donner comme prévu à la Fouly.
La nuit tombe, je commence à me sentir un peu plus poussive, mais j'arrive pourtant à Champex à 21h25 avec 24 minutes d'avance sur mon road book, et toujours avant mes supporters !! L'ambiance est chaleureuse et j'apprécie les encouragements des spectateurs. Je me fais servir une bonne assiette de pâtes, me sers beaucoup trop de tout, parce que je cale très rapidement.
Alors que j'ai déjà bien entamé le repas, Olivier et les enfants me rejoignent. Olivier m'aide à me mettre au sec pour affronter la nuit sans trop avoir froid, je refais mes pansements cette fois définitivement avec le bon matériel, et me sens tout de suite mieux. Je passe encore une fois par les toilettes puis sors de la tente du ravitaillement…gelée !! Mes dents commencent à claquer!! Les enfants sont plein d'attention pour moi. Ils m'aident à enfiler manchons et veste, qui ont bien du mal à suffire !! Je frissonne et claque toujours des dents, en repartant, bien accompagnée par ma troupe. Les deux garçons m'entourent, Maëlle me frotte le dos, Marion me mitraille. Quel soutien que celui de mes enfants et mari préférés !! Au même moment maman m'appelle et je comprends alors qu'elle me suit depuis le départ sur internet, très assidue, et très intéressée. Cela me fait plaisir de me sentir ainsi soutenue par toute ma famille et par tous mes amis du TGVV d'ailleurs aussi, qui m'envoient des sms régulièrement, depuis la remise des dossards jusqu'à l'arrivée et après !!
Je quitte tout mon petit monde après avoir longé le lac, marche d'un bon pas puis trottine pour me réchauffer. Avant de quitter la route je les revois tous en voiture, alors qu'ils quittent eux aussi Champex en direction de Trient, notre prochain RV. Ma progression est régulière jusqu'au début de la montée pour bovine, où je me sens à nouveau lente. Je me cale ceci dit sur le pas régulier de celui qui me précède et aidée par la fraicheur et par la nuit, ainsi que par les micropauses imposées par les petit bouchons, j'avale les mètres de dénivelée qui pourtant m'impressionnaient, sans trop en souffrir. J'arrive étonnée d'être déjà là, sur la partie finale qui suit les courbes de niveau, dans le brouillard et le vent, puis au ravitaillement, qui me semble surgir soudain de la nuit.
La soupe chaude, le coca sont encore les bienvenus, l'abri de la tente aussi, bien que provisoire, parce qu'elle est en fait réservée aux personnes nécessitant des soins médicaux, et le bénévole qui est là nous demande, bien gêné, de ne pas y rester. La température m'impose d'ajouter la polaire à la veste et aux manchons, puis je repars, toujours un peu en avance (de 15min) sur l'heure fixée.
J'ai un petit moment d'angoisse quand j'entends qu'il reste 500 de montée avant la descente pour le Col de la Forclaz et Trient, mais ce ne sont que 500 m linéaire, pas de dénivelée !
La file des coureurs est continue dans la descente. L'allure n'est pas rapide et Olivier m'appelle plusieurs fois pour me demander si j'arrive bientôt au col, mais je ne me sens pas de doubler dans le noir, de plus le coureur qui me précède glisse régulièrement, et je crains de faire pareille, donc je m'aligne sur le rythme général jusqu'à la Forclaz. La descente sur Trient est plus rapide, et j'atteins le village en réalisant seulement que j'ai dépassé le nombre de km que j'aie jamais parcourus en une seule étape !!! Trient est également l'endroit ou nous avions passé notre deuxième nuit sur la reconnaissance, et il est bon de savoir que j'entame bientôt mon "troisième jour" !!
Il y a de la musique et une chaude ambiance au ravitaillement. Les enfants ont noté mon classement sur la pancarte "Allez AliCCCE" qu'Olivier m'a faite pour m'encourager, et je constate qu'il s'améliore à chaque étape ! Je conserve mes habitudes vite prises question alimentation : soupe coca, tuc-saucisson puis perds 10 minutes dans la queue des toilettes après avoir refait pour la dernière fois un des pansements de pied. Et c'est reparti pour la montée des Tseppes, avec pour prochain RV avec mon fan club : Vallorcine.
J'entame seule la montée, puis je suis rejointe par un homme qui se fixe sur mon allure derrière moi et les lacets s'enchainent. Les balises sont tellement voyantes que je les prends régulièrement pour la lampe frontale d'un concurrent. Je pense aux copines qui m'ont souvent dit qu'elles auraient peur en montagne la nuit, et je réalise qu'il ne me viendrait pas à l'idée d'avoir un tel sentiment. Je me sens dans mon élément ici cette nuit, bien que j'aie encore une fois l'impression de me trainer en montée et de souffler. Les derniers lacets s'espacent et la pente faiblit. Le vent frais que je sentais uniquement dans les virages cède la place à de bonne rafales et le brouillard se ré-abat sur nous. Plusieurs coureurs s'arrêtent pour se couvrir. J'arrive quant à moi à me revêtir plus chaudement sans cesser ma progression et double donc régulièrement, quand, surprise, j'arrive à Catogne ou nous sommes bipés. Ce point ne figure pas sur ma liste, je ne sais du coup pas du tout si je suis dans les temps. Quelques coureurs s'arrêtent, je passe pour ma part tout droit, stimulée par l'idée qu'il faut que j'arrive en bas avant une pluie éventuelle. Je me souviens qu'Olivier m'a décrit cette descente comme très glissante par mauvais temps, et le brouillard est toujours là. J'arrive donc à accélérer par rapport au rythme de la plupart et bien que ma lampe faiblisse, je m'étonne moi-même à courir encore. Je fais le choix de ne pas en changer les piles pour ne pas ralentir !!
J'arrive donc au petit trot à Vallorcine à 5h22 où Olivier m'attend dans son poncho. Au ravitaillement, il a l'air de trouver mes propos un peu confus et mon articulation un peu floue, et en revoyant les photos qu'il prend alors, je me rends compte que je ne suis plus très fraiche en effet…. Les enfants dorment dans la voiture cette fois, vaincus par le sommeil. Il faut dire qu'il est 5h41 quand je repars. Je suis arrivée avec 4 minutes de retard et je l'ai majoré de 8 minutes supplémentaires…
Des bénévoles ont fait de beaux feux de camp à la sortie du ravitaillement et je trouve dur de ne pas m'y arrêter pour m'y réchauffer. Le chemin est large, en faux plat montant, et la fatigue commence vraiment à se faire sentir, alors que l'aube est naissante et que je suis sensée sentir au contraire un mieux avec le lever du soleil d'après Olivier …. Je fais régulièrement quelques pas les yeux fermés, et j'arrive tant bien que mal au col des Grands Montets, où Olivier est garé. Les enfants dorment profondément dans la voiture. Il fait maintenant vraiment jour. Il ne me reste plus qu'une montée, mais pas des moindres: celle de la tête aux vents.
Je m'y attaque en mangeant un gel, que j'oublie bêtement de finir. Pour une fois depuis le début de la CCC je trouve la montée plus longue que le jour de la reconnaissance. Elle me parait interminable et je crée des bouchons derrière moi. J'ai l'impression de ne pas être à ma hauteur ici, d'être entourée de coureurs tous plus forts que moi …Quand, enfin, la Tête aux Vents est atteinte après une éternité, je crois me souvenir qu'il n'y a plus que des courbes de niveau jusqu'à la Flégère. Or une petite montée se présente devant moi et elle me parait infranchissable… Coup de mou, je m'arrête, m'assieds sur un rocher, laisse passer une tripotée de personnes, finis mon gel entamé plus bas et en reprend un dernier, bois, … et repars rassérénée. Nous sommes dans les nuages, qui, vision féérique, ont laissé apparaître quelques minutes l'aiguille verte puis l'ont ré-avalée. Il y a peu de visibilité et soudain une musique se fait entendre. Serait ce déjà la Flégère ? Un randonneur me le confirme. Le dernier ravitaillement, et la dernière barrière horaire sont tous proches !! Je l'atteinds à 9h04soit 12 minutes plus tard que prévu.
Au ravitaillement, les bénévoles sont encore aux petits soins, comme partout avant, et en particulier une femme s'enquiert avec beaucoup de gentillesse de mon état de santé. Je suis fatiguée et je me rends compte que j'ai mal partout, mais je suis sure de finir!!! La soupe, le coca, et la pâte de fruit offerte par Nicolas qui attend sa compagne Sarah, tous deux des kikoureurs, ainsi que l'Ibuprofène que je m'administre, sont salvateurs !!!
Le début de la descente est lent et douloureux. Mes genoux et mes méta-tarso-phalangiennes sont rouillés au départ. Il m'est au début impossible de courir. Mais l'échauffement et le médicament jouant en ma faveur, j'arrive à re-trotter et recommence à doubler des marcheurs, des boiteux. La descente qui était prévue en 1h30 et qui me paraissait une ultime énooorme épreuve se profile finalement plus rapide. Je traverse déjà la terrasse de la Floriaz, le restaurant où nous avions pris une délicieuse omelette au milieu des centaines de variétés de fleurs des propriétaires. J'ai là le seul doute par rapport au balisage de toute la course, doute qui ne dure que quelques secondes, car aussitôt sortie du restaurant, je retrouve des balises.
Le chemin est large et roulant, et je me souviens qu'il ne reste presque plus rien après le restaurant, la ligne d'arrivée est proche !! Mais … je ne peux à nouveau plus courir tellement ma vessie est pleine…. Pas un endroit où s'isoler et que de temps je vais perdre si près du but !!! Finalement je ne tiens plus, et vais me soulager, tant pis, très mal cachée derrière un sapin malingre, à un 1 mètre du chemin….
Et enfin, je peux me laisser aller à accélérer !! Des spectateurs annoncent le goudron proche !!! Je n'ai jamais autant eu envie de ma vie de courir sur du goudron !!!! Je l'atteins, et c'est la ville !! Je me renseigne auprès d'autres spectateurs sur la boucle à faire dans Chamonix, ils me confortent dans l'idée qu'il y a des détours à faire. J'ai envie de pleurer, cette course est trop dure !! J'ai Olivier au téléphone, je lui annonce que je finis en marchant. Mais je vois deux coureurs devant moi qui ont pris un bon rythme, et je ne veux pas me laisser semer. Je reprends donc la course, traverse l'Arve, la longe, arrive sur la place du Mont Blanc !!! Je marche quelques pas, mais reprends encore la course, sous les encouragements et applaudissements des spectateurs. J'arrive rue du Dr Pacard où Olivier m'attend. Il me suit en me prenant en photo, virage entre les restaurants, les enfants sont là et m'emboitent le pas, et la place du triangle de l'amitié est lààà avec son arche !!! Nous nous tenons la main et avançons tous de front,… BIIIPPP!!! C'est fait … La CCC est en poche, au bout de 24h27 de course !!! Il est 10h29, j'ai concrétisé mon rêve.
La CCC est la consécration de ma vie sportive de course à pied !! Je pleure un bon coup sur l'épaule d'Olivier, qui m'accompagne au passage, puis j'enfile la veste de finisher, que je reviendrai porter fièrement demain dans les rues de Chamonix après une bonne douche et une bonne nuit !!! Je pourrai alors enfin en parler, de cette course, et avec quel plaisir, moi qui fuyais tout contact et toute conversation la veille…
Merci à ma famille, merci maman, merci les TGVVistes, sans vous je n'aurais pas réussi dans d'aussi bonnes conditions, avec le luxe d'une avance d'1h30 sur la barrière horaire et d'une récupération aussi rapide.