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WE DID IT ! par Arnaud

 

Et oui, ce titre pour accommoder le cri de joie du grand (Jean-)Charles à la sauce anglaise (petite ile charmante dont la réputation culinaire n’est plus à faire), en remerciement des CORNIC dont le soutien a été si utile dans les moments difficiles, pas rancuniers qu’ils sont : à New-York, ils étaient seuls (si je puis dire), sans le soutien du célèbre TGV-V même si nous les avons accompagnés de toutes nos pensées.

Mais assez de tergiversations, revenons à nos moutons poitevins et à ce moment divin.

De l’importance d’une bonne préparation...

Courir le Marathon, c’est un rêve de gosse, le terminer c’est une affaire d’homme ! (au sens générique du terme bien évidement, n’est-ce pas Pascale et Marie-Ange ?) : une question de motivation, de préparation physique et mentale, de diététique et, par-dessus tout, de volonté inébranlable… c’est ce qui en fait tout le charme et lui donne à la fois toute sa saveur et toute sa valeur.

 

 

 

 

 

 

 Au sein du TGV-V nous savons réunir toutes ces conditions, clés d’un succès certain.  

 Pour la motivation, pas de problème : le grand gourou (qui a dit le Kangourou ?) qui se reconnaitra a su transmettre sa flamme, le feu sacré qui brille dans ses yeux quand il vous explique, à moitié en transe, que si l’on n'est pas capable de courir 24H00 d’affilé le week-end suivant un marathon et celui précédent un trail nature nocturne, réalisé à la lumière d’une bougie plantée sur le sommet du crane (ouille ça brule la cire dégoulinante), nus pieds dans les ronces, sur un petit parcours (120 kilomètres au minimum), légèrement accidenté (pas plus de 8 000 m de dénivelés positifs et, assez logiquement, autant en négatif, sauf à rester perché la haut jusqu’à la fin des temps. Et arriver à la fin de temps pour un finisher ne peut constituer autre chose qu’une contre performance) on n’est qu’une « taffiotte ».

 Moralité, cela fait désormais plusieurs mois que le cercle restreint des apôtres le suivant dévotement partout (ou presque) où une course est organisée ne cesse de s’étendre : du quartier, aux amis du tennis, des parents d’enfants fréquentant les mêmes écoles que les siens au reste de la ville de Villebon, puis aux anciens Villebonnais, lâchement émigrés du côté sombre de l’Yvette, et à l’ile de France, avant d’étendre son empire à l’ensemble de la galaxie… Hommes, femmes, enfants, veaux, vaches cochons… il les lui faut tous, même voyou (attention les PYAM la VMA du toutou est à améliorer ! La phrase est totalement incompréhensible pour les non-initiés, j’en ai conscience, mais n’est-ce pas là le propre d’une secte ?). Une véritable multiplication des petits runners. Certains affirment même l’avoir vu courir sur l’eau lors d’un trail sur la mer morte mais on ignore encore ce qu’ils avaient pris au ravitaillement.

 Emmenés par un tel coach, la préparation physique devient un véritable plaisir : même une séance de VMA sous la pluie devient un moment de franche rigolade sous les coups de sifflets du gourou s’époumonant comme un sergent–major de sa gracieuse majesté (pas la « Royale » mais the royal) mais ponctués d’encouragements qui poussent à se surpasser.

 Et l’accompagnement qu’il offre est personnalisé je vous prie. Bon d’accord, cette personnalisation cible plus la gente féminine que les virils mais corrects. Cela dit, cette préparation a quand même permis à  Nathalie et Francis, Pascale, Marie-Ange, Joël, Jean-Charles et moi-même de se lancer avec succès dans une épreuve qui demeure malgré tout redoutable. Ce n’est certainement pas Nathalie, enthousiasmée par le plan d’entrainement du gourou auquel elle a édifié une statue dans son jardin qui me contredira.

 En attendant, les sorties en groupes constitués au gré du vent ou lors de compétitions menées tambour battant ont constitué autant d’occasion de s’aguerrir et de « s’apprivoiser » mutuellement (STP, dessine moi un mouton… qui court) pour donner naissance à un véritable groupe solidaire, une famille de l’effort, du réconfort et plus si affinité. Solidarité bien utile lors des incontournables moments de grande fatigue, je n’ose dire de désespoir, qui saisit tout marathonien qui se respecte, entre le 2ème et le 42ème kilomètre.

 A ce sujet, un point m’obsédera toute la semaine précédant le Marathon. Estimant n’avoir pas suffisamment effectué de sorties longues lors de ma  préparation, je décide le vendredi de cette avant dernière semaine de rentrer du travail en courant, soit une vingtaine de kilomètres après une journée de travail qui avait eu l’occasion d’apporter son lot de fatigue (si, si, je vous jure). Arrivé à la maison, je ne vois la voiture de ma chère et tendre et décide donc de pousser jusqu’au lac de Champlan. Moralité : une trentaine de kilomètres en 2H53 à 8 jours de l’épreuve et un doute existentiel : comment faire les 12.195 km restant dans l’état de fatigue auquel je me suis heurté ? Dès le lendemain, on me faisait observer assez justement que les sorties longues était certes nécessaires mais peut-être pas sur une telle distance et probablement pas aussi près de la date fatidique. Panique à bord ! Mais le coach a su trouver les mots qui rassurent (« on verra bien »), car non content d’assurer la préparation physique, il nous a aussi apporté tout son soutien psychologique. 

 Et en effet, pour ce qui concerne la préparation mentale, là aussi nous avons été servis : nous avons été gonflés à bloc.

 Tout à commencé avec le succès des CORNIC outre-atlantique salué par les « vieux » briscards du marathon (Ollivier, Guillaume, Dominique et Jean-Marie) d’un accueil chaleureux dans « la grande famille des marathoniens ». C’est bon, on le sait bien Pascale, Marie-Ange, Joël, Jean-Charles et moi que nous ne faisons pas encore partie de cette « grande famille ». On a bien compris la difficulté des rites initiatiques à affronter pour l’intégrer, on sait bien que rien ne garantit la défaillance lors d’une telle épreuve ! Mais ce n’est pas grave, on y arrivera contre vents et marées. Rien ne saura nous détourner de notre but.

 Deuxième temps de la préparation mentale : les incontournables objectifs scandés par le coach : « et alors toi tu vises quoi, 4H30, 4H00, 3H45, 3H40 ? » Bonjour la pression ! Et pourquoi pas 1H20 pendant qu’on y est ?  Au moins cela écourtera la durée de l’épreuve. Moi mon premier objectif c’est de rester en bonne santé, le second c’est de terminer (quitte à faire les derniers kilomètres en rampant, du moins si cela est compatible avec le premier objectif) et le troisième est de viser moins de 4H00, le rêve étant d’accrocher les 3H45. Cela dit, la pression ça a du bon pour se lancer et surtout pour tenir dans une aventure qui, comme relativise Dom du haut de ses 15 marathons, a été choisie et même désirée et que personne ne nous a imposée.

Mais pour réussir un marathon, la préparation physique et mentale seule ne suffit pas et elle ne peut prétendre à vous conduire sur les voies du succès si elle ne s’accompagne d’une hygiène de vie et d’une diététique irréprochables.

 Et là, attention à l’exemplarité du TGVV, grâce à son coach et aux conseils avisés de la diététicienne du club et de son homme, sweet homme (je sais c’est du franglais de bazar, mais c’est mon récit et je l’écris comme je le souhaite) : 16 marathons à eux deux à ce jour, même si la parité n’est pas intégralement respectée et que l’on n’est pas tout à fait à 8/8 : merci Domi et Pat !

 Il ressort d’une analyse rapide et encore embryonnaire de la situation, que la préparation diététique des membres du club s’est appuyée sur les recettes suivantes :

 - repas à base de pomme de terre dans la semaine qui précède afin d'assimiler des glucides pour Joël (bon d'accord les pommes de terre étaient frites et accompagnées de viandes en sauce... mais sinon c'est immangeable !) ;

 - collations de nouilles liquides (?!) toute la semaine pour Pascale et Marie-Ange, sans que personne n’ait compris s'il s'agissait d'emmagasiner des réserves glucidiques (pour les pates) ou liquides (pour leur seconde propriété), à moins que ce ne soit les deux pour gagner du temps ;

 - petit-déjeuner pantagruélique le jour même du marathon à base de brioches beurrées en attendant le gâteau spécial Marathon ingurgité par Joël à quelques secondes du départ (probablement comme ration d'attente roborative, sauf que je n'ai pas compris s'il s'agissait d'attendre le départ ou de tenir jusqu'au repas du midi après un copieux petit-déjeuner ?), là où ces dames se contentaient d'une espèce de poudre slim achetée à un prix d'or à un revendeur espagnol (un certain docteur Mabuse si je ne m'abuse, spécialisé dans l'Enrichissement des Produits d'Opant) ;

 - et, cerise sur le gâteau, une veille de Marathon des plus festives : apéritifs, crudités râpées qui râpent bien l'intestin, pâtes (pasta-party du marathonien oblige) noyées dans la crème fraiche et les fruits de mer (dont je me suis gavé à trois reprises, au grand étonnement de Marie-Ange qui n’imaginait pas que l’on puisse se goinfrer dans ces proportions : petite nature va !), et comme déssert un bon gâteau bien crémeux comme on les aime, le tout arrosé des libations qu'imposent un tel événement et d'une ambiance particulièrement euphorique jusqu'à près de minuit !

 Moralité : les CORNIC comme Pat qui nous ont appelés en sont arrivés à se demander si nous avions bien conscience de ce qui nous attendait le lendemain. Bien sûr que nous en avions conscience ! Sinon, pourquoi tout faire pour l’oublier ?

 Cela ne nous a pas empêché de tous terminer ce superbe marathon dans de bonnes conditions. Alors de deux choses l'une, soit nous avons révolutionné tous les concepts en vigueur au sujet de la diététique pré-compétitive qui devra désormais mettre l'accent sur les plaisirs de la table et de la bonne chair (et dans ce cas l'idée de la tartiflette la veille du marathon est à creuser), soit le TGV-V est une fabrique à héros que rien ne saurait arrêter et qui peuvent nourrir les plus grands espoirs pour les épreuves à venir !

... pour un marathon (très) réussi

 

 

 

Pour ce qui concerne le Marathon lui-même, comment le qualifier autrement que de moment magique ! Pour tous les participants à cette épreuve mythique pour la première fois, les primo-marathoniens, cela restera un moment inoubliable.

 

 

 

 

Et en plus nous avons eu le bonheur de pouvoir nous lancer dans le bain dans des conditions idéales : temps superbe, ensoleillé mais pas trop chaud, cadre plaisant (même si certains ont pu regretter un parcours en deux demi-boucles qui a contraint à revoir le même paysage mais qui a permis d’anticiper la suite du parcours et surtout de bénéficier des chaleureux et bienvenus encouragements des accompagnateurs et trices à quatre reprises), coaching, accompagnement et encouragement bienfaiteurs des nôtres (un énorme merci à Agnès, Alice, Fabien, Anne, Brigitte, Olivier et Pierre-Yves, présentés dans l’ordre alphabétique, féminin puis masculin avec rattachement filial pour ne vexer personne ; mais ils sont tou(te)s sur un pied d’égalité s’agissant de la reconnaissance que je leur dois) et public nombreux et enthousiaste.

 

 

 

 

Bref dès dimanche matin, dans un silence quasi religieux imposé par l’événement (et un peu par la fatigue d’un réveil fort anticipé pour un dimanche, bonjour les trognes), nous sommes partis en convois rejoindre bon port, une seule idée en tête : où sont ces bon sang de bonsoir de toilettes, repas pantagruélique de la veille et stress matinal aidant.

 

 

 

Après avoir accompli les formalités d’usage, chacun comme il le pouvait (les alentours des départs de courses de masse s’apparentent toujours plus ou moins à des latrines géantes à quelques minutes du départ… sans doute pour motiver les coureurs à en partir au plus vite) nous nous faisons une dernière bise, nous souhaitons mutuellement bonne chance et bon courage et quittons Marie-Ange et Pascale, « parquées » dans un sas de départ différencié (olivier a à ce sujet une explication domestique fondée sur des torchons et des serviettes que je n’ai pas totalement comprise) mais accompagnées de Jean-Marie qui, pas fou, préfère la compagnie féminine, pour rejoindre notre propre aire de départ.

 

 

 

Je ne peux alors m’empêcher de me dandiner sur place dans mon « box » de départ en pensant à Dany BOON chantonnant de façon lancinante « Je vais bien, tout va bien »  dans un sketch le mettant au prise avec une situation « légèrement » stressante. Je constate cependant que tous les fidèles du TGVV sont là, l’UFOllivier harnaché de la tête au pied, Guillaume ceint de son bandeau de pirate et chaud comme de la braise, Jojo toujours aussi décontracté (en apparence en tous les cas mais je ne doute pas que cela corresponde à son état réel) et le grand Charles, l’élégance personnifiée, même si je ne comprends toujours pas comment il fait pour courir avec collants et maillot à manche longue, moi qui ai du mal à supporter ne serait-ce qu’un débardeur quand je cours. Dom, quant à lui, est dans la cour des grands, il vise un temps de 3H15. Leur présence amicale m’apporte réconfort et un début d’apaisement.

 

 

 

Mais la tension monte, ainsi que ma fréquence cardiaque qui est déjà à plus de 100 alors que nous ne sommes pas encore partis et… Pan ! La délivrance, le départ est donné.

 

 

 

Enfin, la délivrance c’est vite dit : le Marathon, comme toute épreuve de masse qui se respecte commence par un interminable piétinement qui dure un bon kilomètre, le temps que la foule des coureurs s’étire (si tu n’es pas content, tu n’as qu’à faire moins de 2H30 et accéder aux places réservées devant !).

 

 

 

Ensuite, tout rentre dans l’ordre. Enfin si je puis dire, confronté que j’ai été à un phénomène assez peu habituel : le mur du deuxième kilomètre !  Excès de stress ? Réaction hypoglycémique à un petit déjeuner trop copieux ? Je pense que je ne le saurai jamais. En attendant, j’ai la tête qui tourne, les jambes qui flageolent et je me sens vaguement nauséeux.

 

 

 

Cela commence bien : un premier kilomètre à piétiner et un second à vide. Vais-je pouvoir tenir 21 fois cette distance dans cet état ?

 

 

 

En prenant mon temps, je trouve mon rythme et je parviens, enfin, à atteindre le premier ravitaillement. Suivant les recommandations de Dom et de Jean-Marie, je ne prends qu’un verre d’eau et un autre de glucose évitant soigneusement toutes les gâteries (fruits secs, gâteaux, fruits...) offertes par une organisation d’une qualité et d’une gentillesse exemplaires. Je continuerai ainsi à chaque ravitaillement, me contentant de passer un peu plus de temps à chaque stand pour gérer une fatigue croissante et la difficulté à m’appuyer sur des jambes de plus en plus dures pour repartir.

 

 

 

Les premiers kilomètres passent ainsi plaisamment : l’un des gros avantages de partir loin dans le peloton, c’est qu’après avoir piétiné un certain temps, on peut commencer à remonter régulièrement des coureurs partis plus tôt mais en moindre forme et ce sans jamais être doublé : il y a bien longtemps que les plus rapides ont creusé le trou et caracolent devant. C’est un phénomène assez agréable pour l’égo et motivant dans les moments de découragement que de toujours avoir en ligne de mire des coureurs en encore moins bon état que soit. Et avec 800 coureurs, cela ne manque pas !

 

 

 

Bref, tout va plutôt bien et j’ai le plaisir de voir au 15 ème kilomètre un panneau (toujours la qualité de l’organisation) indiquant que sur ces bases mon temps estimé est de « 03 h 36 »... mais bien sur ...

 

 

 

Au 21,098 ème kilomètre (admirez la précision), je constate que j’ai couru le premier semi en 1H 45mn en relativement bon état. Mais je commence à avoir des cuisses en béton et un talon d’achille à l’agonie... cela augure mal de la seconde partie des festivités.

 

 

 

Mais il faut tenir, pour l’honneur du TGV-V, pour ma famille qui me manque tant et surtout pour les accompagnateurs déjà présentés et auquel j’ai le plaisir de constater que la famille CORNIC s’est jointe avec femme, enfants, armes et bagages... et quels bagages ! Tout d’un coup en plein cœur de la ville qu’elle n’est pas ma surprise de voir un panneau brandi à bout de bras avec l’acronyme TGV-V accolé au brouet et aux abeilles du blason villebonnais. Ce n’est pas possible, ce doit être une hallucination.  Et non, en baissant le regard je croise celui de Francis tout sourire avant de voir Nathalie et les enfants. Quel plaisir et quel formidable coup de fouet au moral. Ils peuvent toujours se rhabiller chez Overstim avec leurs, gel, liquides et autres poudres de perlinpin. Pour relancer la machine, rien ne vaut un sourire amical et encourageant, a fortiori quand il s’agit de quelqu’un qui s’est déjà soumis à l’épreuve et qui perçoit dans sa propre chair ce que l’on peut ressentir.

 

 

 

Bref, c’est reparti pour un tour et au 25 ème kilomètre je constate que le panneau de décompte du temps prévisible annonce « 03 h 38 », je suis toujours dans mon objectif de faire moins de 4 h 00 en bon état et si possible d’accrocher les 3 h 45, mais le 30ème kilomètre et son célèbre mur s’approche.

 

 

 

 

Et ce n’est pas l’état de mes jambes, de plus en plus dures ni le redémarrage après les pauses aux ravitaillements de plus en plus douloureux qui vont me rassurer. Mais il faut tenir. Et puis, après le 20 ème kilomètre, je vois de plus en plus de concurrents s’arrêter pour marcher en éprouvant d’insurmontables difficultés pour repartir. Tant que je parviens à continuer à courir, même si c’est lentement, je suis en meilleure situation. Surtout ne pas craquer !

 

 

 

 

Cela dit, hormis ces difficultés musculaires, je n’ai pas l’impression de ressentir de mur au 30 ème kilomètre.... peut être l’avantage de l’avoir anticipé de 28 km mais plus probablement le bénéfice de mes ravitaillements glucosés tous les 5 km préconisés par mes anciens (grâce leur soit ici rendue).

 

 

 

 

Alors je continue de plus en plus sensible aux encouragements du public en général, à ceux, si chaleureux, des TGVVistes présents et à ceux de la famille, d’Isabelle, de Louis, de Claire et de Quentin que j’entends de plus en plus régulièrement crier « Vas-y Arnaud !» « Tiens bon Papa !»… Ceux d’Isabelle, de Louis, de Claire et de Quentin ? ! ? Ce n’est pas possible. Ils n’ont pu venir pour des problèmes de garde impromptus. Ca y est je perds la boule et j’entends des voix... mais elles sont si douces à mes oreilles que ce n’est pas grave : « Bravo Arnaud, c’est super, continues comme cela fonce ! ». Et mes hallucinations auditives me reprennent, après la famille, c’est la voix de Guillaume, parti loin devant, bille en tête, que j’entends comme si je pouvais envisager de le rejoindre !

 

 

 

 

Mais non en y regardant de plus près je constate que c’est bien lui qui est là à m’encourager… Mais c’est bien sûr ! Sur les courses que nous avons faites ensemble, Guillaume a pris la très agréable habitude, après avoir bouclé sa course en un temps record de venir me chercher pour m’encourager sur les derniers mètres qu’il termine, frais comme un gardon en m’accompagnant.

 

 

 

 

Quoique ? Il y a là quelque chose qui cloche. Il reste plus de 7 kilomètres à faire. Si guillaume est venu me chercher il a du mettre une demi-heure au moins, à laquelle il faut ajouter les 30 mn nécessaire pour terminer la course depuis le point où nous sommes et, même pour Guillaume, une dizaine de minutes de récupération. Cela fait moins de 3H00 que je cours, si l’on retranche plus d’une heure, cela signifie qu’il a couru en moins de 2H00 et il est le premier homme à avoir réussi cet exploit. WOUAHHOU !!!!!

 

 

 

 

En fait, j’aurais le fin mot de l’histoire après l’arrivée : Guillaume, tout comme Olivier, partis sur des bases canons seront pris de trouble digestif et d’un violent coup de barre en fin d’épreuve (la glorieuse incertitude du sport et de la diététique, consécutive probablement à un calendrier de course assez démentiel qui n’autorise pas de récupération de qualité, surtout après un départ sur les chapeaux de roues, tous deux ayant accompli le premier semi dans des temps records).

 

 

 

 

En attendant, merci Guillaume pour tes encouragements qui m’ont donné ce formidable coup de fouet du 35 ème kilomètre que PY rêve de donner à MA (je ne sais d’ailleurs si a osé réaliser son phantasme devant 8 000 spectateurs mais avec lu, tout est possible) et merci à Olivier pour tes félicitations d’après course qui me sont allées droit au cœur, surtout s’agissant d’un maître ès course.

 

 

 

 

 

Il ne me reste plus alors qu’à terminer les derniers kilomètre pour un temps total de 3 h 37 mn et 59 s (et j’y tiens à ces 59 secondes,  ayant sprinté comme un dératé à l’arrivée pour ne pas dépasser les fatidiques 38 mn) qui me remplit de fierté et de perplexité, n’ayant toujours pas compris l’état de grâce qui m’a permis ce temps que je n’aurais espéré au départ. Surtout que les dix derniers kilomètres ont été courus à un rythme moyen (moins de 11 km/h) mais avec une fréquence cardiaque bloquée à 160 pendant une cinquantaine de minutes, là où j’aurais normalement du être aux alentours de 143.

 

 

 

Bref pour une première, pari c’est réussi et au-delà de toutes mes espérances. Et d’ailleurs même si les jambes sont en bétons depuis, je ne ressens plus mes genoux douloureux depuis plusieurs semaines… probablement anesthésiés par la douleur lancinante perçue au niveau des quadriceps, des ischios jambiers, des adducteurs, des abducteurs, des mollets, des tibias, … et j’ai la rate qui s’dilate, j’ai le foi qu’est pas droit…

 

 

A l’arrivée, j’ai l’immense fierté de recevoir le coupe-vent spécial Marathon de la Rochelle, que tout marathonien qui se respecte exhibe dès que la température tombe en dessous de 18 degrés à l’ombre. C’est pourtant vrai qu’il est joli, surtout porté par des milliers de coureurs fiers de leur succès et qui envahissent alors progressivement la ville au rythme des arrivées.

 

 

 

J’ai surtout le plaisir de retrouver Jean-Marie et nous sommes bientôt rejoins par Olivier et Guillaume. Nous essayons de récupérer en limitant au minimum les mouvements d’automates que notre raideur musculaire nous contraint à mimer.

 

 

 

Nous retrouvons aussi les CORNIC pour acclamer l’arrivée des membres du clan : Jean-Charles et Joël, Marie-Ange (sur un petit nuage et tout sourire, bref égale à elle-même) et Pascale (qui termine en totale aisance l’épreuve, sans le moindre trouble et fraiche comme une fleur. Alice constatera même que sa glycémie d’après course est supérieure à celle du départ. C’est pas possible, tu as profité de la matinée pour faire le tour des troquets du vieux port et de goinfrer de croissants beurre Pascale). Ces dames sont  accompagnées respectivement de Pierre-Yves et d’Olivier qui terminent ainsi un semi dont elles ont manifestement apprécié comme il se doit la qualité d’accompagnement. Attention messieurs. Vous êtes les prochains sur la liste et aucune excuse ne sera admise ! Puis nous rejoignons le reste de la troupe en acclamant les derniers arrivants, probablement les plus méritants, et en glanant quelques images au passage : MIMI poursuivant MICKEY, un père Noel en avance sur la corrida d’Ici-les-moules, un cycliste à pied à moins que ce ne soit un piéton transportant son cycle... et tous ces concurrents qui arrivent exténués après plus de 5 H 00 d’effort, certains au visage défiguré par la douleur et portés par des participants amis ou de simples compagnons d’infortune pour terminer, terminer malgré tout le Marathon (en souvenir de Philippidès et d’une épopée antique et pourtant si actuelle).

 

 

 

Au final, nous partîmes 8 000 mais par un prompt « dérenfort », nous nous vîmes 6 630 en arrivant au port : 1 370 abandons, plus d’un concurrent sur dix. Même si il est de plus en plus populaire, le Marathon demeure une véritable épreuve, une école de volonté et nous pouvons tous ressentir une humble mais légitime fierté à avoir franchi le mur : 100% de réussite pour le TGVV ! Et l’incontournable photo souvenir en coupe-vent La Rochelle est là pour l’attester.

 

 

 

Après un gravage de la médaille, si ce doit être le seul (ce qui m’étonnerait), autant en garder le souvenir, passage au gîte qui nous  a si gentiment accueilli pour prendre une douche salutaire et indispensable pour envisager un retour un tant soit peu serein (Agnès qui a la gentillesse de prendre le volant est intraitable sur ce point et force est d’admettre qu’elle a raison) et c’est déjà l’heure des adieux. Que c’est frustrant ! Nous avons tant à partager (ce qui explique sans doute la longueur que d’aucun trouveront excessive de ce « petit » récit).

 

 

 

Enfin bref, retour dans la soirée grâce à Agnès que je ne saurais trop remercier et retrouvaille avec la famille qui m’accueille en héros pour ce qui concerne Isabelle et Claire (qui a de son côté gagné un matche de Volley avec le RCV et ses copines Marie et Manon. Bravo les puces, la relève est là !), avec l’enthousiasme enfantin habituel de Louis et le gentil désintérêt poli, tout aussi habituel, de Quentin qui, comme tout ado qui se respecte n’a même pas du réaliser que j’étais parti courir 42 kilomètres et 195 mètres.

 

 

 

Mais cela dit, c’est lui qui a raison. Il n’y a là rien d’extraordinaire et le Marathon est avant tout une victoire contre soi-même.

 

 

 

En attendant c’est quand même vrai que j’ai ressenti une certaine fierté quand le mardi suivant une collègue de travail, que je ne connaissais pas auparavant, m’a accueilli à une réunion qu’elle organisait d’un complice « Bravo pour Dimanche, c’est beau ce que vous avez fait ». Elle accompagnait son ami à la Rochelle où elle m’a vu.

 

 

 

Bienvenue dans la grande famille.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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K
C'est plutôt étonnant !<br />
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