Ma douce (que je vouvoies depuis hier 13h53 PMT) et moi sommes arrivés à une osmose quasi parfaite après quelques années de vie commune, deux garçons et un certain nombre d'heures passée en commun à regarder des inepties à la télé, mais un reste d'instinct reptilien nous fait encore ressentir des émotions et des réflexions indépendantes. Aussi, c'est en double solitaire que nous allons apporter notre modeste pierre à l'édifice des récits immortalisant cette inoubliable journée du 26 novembre de l'an de grasse (oups grâce) 2006.
Je commence donc. Mais par où au fait, tellement les souvenirs,les flashs les émotions sont nombreuses et se bousculent.
A si, je crois que je sais: le plus frappant pour moi est aussi ce qui ressort des quelques récits (port) épiques qui sont déjà en ligne: la grande, l'immense richesse de cette joyeuse troupe qui prit de bon samedi le chemin du grand ouest, c'est cette diversité de personnalité et de personnages qui se rapproche, se fusionne, se mélange pour donner des instants et des émotions uniques.
Voilà c'est dit !
Revenons à nos moutons poitevins, qui, soit dit en passant sont moins fous que nous car ils continuent de brouter paisiblement leur pré marécageux...
Je ne vais pas m'étendre sur la course elle-même car n'ayant fait que semi-portion marathonienne, j'aurais l'impression de faire un demi hold-up.
Il y eu d'abord la montée en puissance, quasi symphonique, comme quand les différents instruments d'abord isolés se rejoignent pour l'apothéose: la prise des dossards - la compréhension du parcours et des départs - les conseils éclairés des anciens, quelque peu désapprobateurs au 3ème verre de vin - la petite tisane pour se donner bonne conscience - la nuit agitée (par les bruits des voisins qui se reconnaîtront...) - le réveil (très) matinal aux traits tirés - les rires nerveux du petit déjeuner - la concentration à l'arrivée en vue du port - la recherche furieuse de toilettes proches et, enfin, le mélange de panique et d'excitation au moment de rejoindre la ligne de départ.
Le coeur gros et totalement admiratif, je voyais alors ma PYMA s'éloigner de moi... Cela allait être si long !
Ca y est c'est parti: Olivier et moi nous mettons en position avec Anne, Alice, Brigitte, Agnès pour voir passer nos héros(te)s. Un mélange de: "pourquoi j'y suis pas moi ?", de "ils sont complètement tapés" et de "le prochain, je me le fais" agite nos cerveaux.
Et puis c'est l'arrivée des premiers coureurs à la fin de la première boucle: des fusées à trois roues éveillant en nous admiration, respect et compassion. Quelle leçon ! Ils sont suivis de près par des extra-terrestres venus des hauts plateaux. Vus par nos yeux pleins d'impatience dans l'attente de nos vrais terrien(e)s, c'était quand même impressionnant !
Puis arrivent Dominique (nique - nique, et oui c'est facile mais c'est moi qui écris - PS: c'est Marie qui vient de me souffler ça...), Guillaume (avant d'être trahi par ses émotions) et Olivier, tous trois grands, superbes, altiers, le corps oint d'huile (c'est encore elle): magnifiques !
Ils sont suivis de près par Joël qui est à ce moment sur les bases du record du monde, Arnaud, Jean-Marie et certainement Jean-Charles qui est passé si vite que je ne l'ai même pas vu...
Puis le temps pour nous d'aller faire une petite sieste et de boire deux ou trois bière et les voilà ! Elles sont belles, elles sont radieuses, elles fleurent bon les glucides en bouteille ; elles sont magiques, sinon très rapides (bon là Marie dit que j'exagère...).
Il est temps pour nous, leurs Étalons (cf récit d'OPB) d'accomplir notre devoir conjugal et de leur montrer qui porte le poutre apparente enfin ! C'était certes une semi expérience mais qui nous a violemment déniaisé : la foule qui encourage, la vue de la mer, les coureurs qui marchent, qui titubent, qui tombent, le retour sur ce port si cher à Richelieu...
Bon, retour à la vrai vie, ma Top Véloce a décidé de passer la 6ème. Alors là ça rigole plus du tout pour moi. Les dents serrées, le regard fixe, on passe d'un temps estimé de 4h35 à 4h25 en quelques kilos (en plus, pas en moins me dit-elle). Il y en a 750 qui ont vu passer cette foulée inimitable, je les ai comptés.
Et c'est l'arrivée ! Vous êtes là au bord de la route. On vous voit, on vous sent en communion, c'est le coup de rein final. Quelques mètres avant d'atteindre à ce but espéré, chéri, rêvé, je la laisse à son triomphe et son émotion. Et je me dis que le prochain, il sera pour moi, na !
BRAVO A TOUS, forçats de la course, marathoniens de l'amitié. Cette fois-ci c'était votre tour mais ne relâchez pas vos efforts, une nouvelle vague arrive. N'est-ce pas Olivier, Gilles, Isaura, Alice, Agnès, Anne, Brigitte ... !
Voilà, une fois de plus les volontés indépendantistes du début ont fait long feu. C'est encore à deux que les PY et MA ont élucubré ce soir.
PS (MA): Hommage te soit rendu, Ô mon gourou car sans toi je n'aurai pas eu le cran de me lancer.
PS: Congratulation spéciale à Arnaud pour la performance. Nous n'avons qu'un mot à dire: Waouh !!!
PS: Ne sois pas désabusé Olivier PB, les crampes sont aussi pour nous restées trop hautes ou trop basses.
Bises à tous
PYMA