Overblog Tous les blogs Top blogs Sport Tous les blogs Sport
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Le petit savoyard, ou deux demi-courses en une, par Alice

 

Deuxième récit, d'une deuxième édition du "Petit Savoyard", mais qui ne devrait pas ressembler à celui de l'année dernière, (voir ICI ) puisque j'y ai vécu un nouveau rôle pour moi, celui de " coach-infirmière-panseuse-mais-vraiment-pas-pharmacienne-pour-deux-sous"

 
Début du périple à Villebon avec la tendinite du fascia latta d'Agnès. Consultation en urgence chez Nicolas qui confirme. Il faut bien des semelles. Re-consultation en urgence chez notre podologue du sport. Les semelles express salvatrices sont testées deux jours avant la course. Plus de douleur. Elle tente le coup, mais je sens d'ores et déjà que Agnès n'ayant fait tout son parcours-santé-du-combattant que pour ne pas me laisser tomber, je n'ai pas intérêt moi non plus à la laisser choir pendant la course !! De toute façon telle n'est pas mon intention. Agnès débute en trail, par une grosse course, pas bien préparée en raison de sa tendinite, donc je compte bien la "coacher" à Cruet puisque je n'ai pas pu le faire comme prévu à Villebon. Et puis les choses sont claires : à l'arrivée à Chambéry où Guillaume et elle ont la gentillesse de venir nous chercher à la gare, elle m'annonce tout de go que "si je la laisse tomber, elle me tue" !! Comme je tiens à ma peau ;-)) je confirme que coute que coute, nous ferons la course main dans la main !! (et finalement également pied dans la main, comme je le découvrirai plus tard !)

 
A Cruet, nous allons droit à la remise des dossards et des beaux T-shirts techniques offerts (roses pour les filles, verts pour les garçons) et bien nous en prend parce que Marie-Ange qui ne passera que le lendemain par la salle des fêtes où a lieu le départ n'aura pas droit au rose mais au vert, à son grand dam … Pasta party où nous retrouvons Manu et Sandrine, Cédric, et nous gagnons notre auberge, pour que la nuit d'Olivier surtout, qui démarre le GR 73 à 5heures du mat, ne soit pas trop courte.

 
Je passe une nuit excellente et entend à peine Olivier se lever, puis retrouve Marie Ange et Pierre Yves devant la table du petit déjeuner de notre auberge. Ils sont arrivés à minuit hier. Pour eux ce n'est pas un premier trail, mais c'est une première expérience en montagne, première expérience également de tant de dénivelé, et Pierre Yves manque de sommeil ... Ceci dit je ne me fais tout de même pas trop de souci pour eux, ils assurent "comme des bêtes" !! Je sais qu'ils seront loin devant nous !

 
8h05, salle des fêtes de Cruet, nous retrouvons Agnès qui était hébergée chez des amis au dessus de Chambéry coté Belledonne. Guillaume et Olivier courent depuis déjà 3h30. Je commence mon "coaching" en m'assurant qu'Agnès s'est bien badigeonnée les pieds à la Nok. Non ? Heureusement, j'en ai apporté.. Il vaut mieux parce qu'elle court avec des semelles neuves, dans des chaussures empruntées à Patricia …

 

Les coureurs sont appelés sur la ligne de départ, petit briefing que nous n'arrivons pas à écouter, excités que nous sommes …. Nous retenons tout de même du briefing qu'au km 10 ça glisse, et que le gros de la montée est faite. Le parcours est allongé de 3 km par rapport à l'année dernière et nous le ferons dans le sens inverse. Et c'est parti !!

 
Ca commence sur de la route en faux plat montant, tout ce que je n'aime pas, et très vite je suis essouflée, mon sac mon appareil photo et mon téléphone me gênent… Je réorganise tout ça en courant, Agnès est devant moi, nous perdons quasiment tout de suite les Pyma de vue. Ouf nous abordons déjà une bonne montée où on peut se mettre à marcher … Je préfère ce type de terrain .. Je trouve mon rythme. Ca bouchonne un peu à la fin d'une bonne grimpette, ce qui laisse même déjà le temps de récupérer. Tout baigne. Je suis contente, il y a du monde derrière, cela me change de ma dernière experience de trail, à Sommand, (voir ICI) où j'ai compris dès le premier sentier que je serais dans le peloton de queue pendant toute la course..


Agnès commence à sentir un échauffement au talon … Je reprends mon rôle de coach et constate qu'en plus des semelles neuves et des chaussures d'emprunt elle a mis des chaussettes trop courtes qui laissent les chaussures frotter directement la peau du talon .. Mieux vaut re-badigeonner dès maintenant avant la formation d'une ampoule. Nous nous mettons sur le coté, laissons passer ceux qui étaient derrière nous et pour faire vite, pendant qu'elle se déchausse je sors le tube et .. commence là mon rôle d'infirmière-panseuse, je tartine moi-même … Nous repartons un peu désappointées.. Nous sommes finalement, le temps de la manip, passées au rang de …dernières ….Ca monte dur, en lacets, dans un sous bois.

 
Au km 3, à vue de nez, le talon re-chauffe, re-déchaussage…l'ampoule est déjà là …Re-tartinage, avec un p'tit coup sur les orteils qui montent eux aussi en température. Et c'est à partir de là que je réalise que je ne suis pas pharmacienne pour deux sous.. Pas pensé au moindre équipement en dehors de quelques vêtemets ...Je n'ai pas un pansement, pas un bout d'élasto dans le sac, et encore moins de Compeed, qui serait une bonne solution dans le cas présent …

 
Ca continue de monter raide et Agnès peine, commence à stresser, à se poser des questions sur la pertinence de commencer le trail par 28 km en montagne et l'idée d'arrêter commence à germer… Je la motive, en essayant le coup de "on colle aux basques des deux types de devant, on ne les laisse pas nous devancer"... Mais coup d'épée dans l'eau, je n'ai pas touché le point sensible … Par contre la conversation-bavardage-distrayant a plus de succès, ainsi que les arrêts photos des deux impétrantes, du beau massif de Belledonne encore enneigé et des magnifiques fleurs rencontrées : ancolies, violettes, narcisses. Ce qui nous vaut un magnifique reportage photo : voir ICI. Agnès en oublierait même ses douleurs !

Nous arrivons au sommet, lieu dit de "la roche du Guet", 1208 mètres. Re-photos, petite pause … et nous sommes rejointes par .. (ô surprise !!) une coureuse qui était encore derrière nous !!! Qui nous annonce qu'elle attend encore deux de ses amies. Et qui a sur elle un Compeed spécial talon !! C'est notre sauveuse, le talon va immédiatement mieux et le moral aussi, nous ne sommes pas dernières !!

 

Nous avons parcouru environ 10 km, donc c'est par là que cela doit commencer à glisser d'après le briefing… Et ca se confirme …Dès le re-départ, premiers mètres de descente, Agnès chute et s'ouvre le coude …. Qui saigne abondamment. J'étais très contente d'avoir pensé au PQ (pas aux compresses, antiseptiques, steristrips, pansements...J'ai même oublié l'Ibuprofène que je pensais prendre en cas de douleur…) il va me servir, une fois imbibé de l'eau de ma gourde, puisque nous nous n'avons que ça… Petit constat rapide, c'est un peu profond, mais pas très large et en tout cas pas recousable … et toujours pas de trousse à pharmacie en poche … Je remonte voir notre sauveuse qui a été rejointe par une de ses amies, toutes les deux très étonnées de me voir rebrousser chemin. Elles sont super équipées et nous ressauvent la vie. Le pansement qu'elles nous donnent arrête le saignement.


Nous pouvons repartir car, heureusement il n'y a pas d'autre bobo que le coude ! Seulement, ça continue à descendre… et "chat échaudé craignant l'eau.. chaude (ou froide, déjà ?)" .. Agnès préfère assurer chaque pas et arriver entière .. Nous arrivons au niveau d'un bénévole qui nous montre au loin le village de la Thuile où se trouve le premier ravitaillement, au km 15. Que cela semble encore loin !! Il est très sympa, nous discutons le coup, puis il nous accompagne jusqu'à un poste de contrôle. Nous profitons de la tente et des chaises pour un petit coup de tartinage des orteils, histoire que je me perfectionne dans mon rôle d'infirmière-panseuse. Une des bénévoles recouvre un peu le pansement du coude de sparadrap, pour éviter tout décollement intempestif.


Nous sommes à nouveau rejointes par une de nos fournisseuses officielles de produits pharmaceutiques, à qui nous promettons un pot à l'arrivée !!


La descente devient plus facile, mais... la tendinite d'Agnès se réveille ... Pause boisson- étirements. Pas facile d'étirer le fascia latta en plein bois sans siège. Mais bon, ça se fait et j'en profite pour étirer le mien qui était douloureux il n'y pas si longtemps, quand nous avons tourné à Bures avec les coureurs du 12 heures. Nous devons être comiques toutes les deux appuyées sur nos bâtons, sur un pied.


Nous redémarrons, mais... La prudence voudrait qu'Agnès arrête ... Elle ne peut plus du tout courir sans re-déclencher la douleur.. Nous approchons donc le village de la Thuile à la marche, sur un beau chemin pourtant bien roulant. Je fais tout de même les derniers mètres en courant devant pour éviter qu'une voiture ne nous passe sous le nez, et bien m'en prend ! Une bénévole était en train de monter en voiture pour Cruet !! Une autre l'arrête juste à temps !! Nous prenons tout de même deux minutes pour nous faire photographier ensemble avant qu'Agnès ne rende son dossard ! Et c'est la fin de notre partenariat, je suis privée de ma coéquipière !!


Il est 12h35, je suis au km 15 approximativement, cela fait exactement 4h00 que nous sommes parties ... Je n'ai plus qu'une idée en tête, finir vite !! Me faire les jambes dans la descente pour me préparer aux 35 km du Verdon, parce que ma préparation n'a pas été au top moi non plus depuis le marathon qui m'a valu des douleurs tenaces et variées aux deux genoux. Ravitaillement, je range l'appareil photo qui me gêne en bandoulière dans les descentes. Fin du reportage photo. Dommage, parce que le paysage est magnifique…

 

Début de ma deuxième demi-course. A partir de la je me prends pour le "Dernier des Mohicans" sur les chemins monotraces en forêt, l'arc et les flêches..euh… les bâtons dans la main droite, la musique du film plein la tête !! La vitesse de la première moitié de course m'a préservée. Je suis bien échauffée, et en pleine forme ! Tout va bien, le temps me semble très court étonnamment jusqu'au deuxième ravitaillement, sans aucune notion de l'heure ceci dit, ayant perdu la montre avec la coéquipière.. Cela devient une habitude je ne cours plus ni avec montre ni chrono ni cardiofréquence mètre(et toujours sans pharmacopée, mais là j'y repenserai)


Au ravitaillement, les bénévoles sont super sympa, il y a de la musique, je suis acclamée et applaudie (les fins de classements, que je connais bien, ... ont toujours ça de bon : on est plus encouragés que les premiers !!) et j'apprends que mes prédécesseurs ne sont plus loin, qu'il n'y a plus que 500 mètres environ en montée (pas en dénivelé!!) puis plus que de la descente, mais qu'il reste 8 km et non pas 6 comme je le croyais …J'apprends là que parcours fait en effet 30 km et non pas 28 !! Ma motivation ne chute pas pour autant. Je repars dans l'idée de profiter de mon seul point (tout relativement) fort, la descente, pour essayer de rattraper quelques coureurs.


A partir du ravitaillement le trajet est commun avec le GR 73 et je ne tarde pas à m'en rendre compte de moi-même : je suis doublée par un bolide sur ma droite alors que j'avais l'impression de pas mal me donner … Mais bon j'ai l'habitude.. Je sais que ma "vélocité" en descente est toute relative …Elle est correcte par rapport aux coureurs qui font les mêmes temps que moi, mais par rapport au 5ème du GR 73, car c'était lui, j'ai l'impression de reculer ...!! J'ai vécu d'ailleurs exactement le même phénomène sur le duathlon d'Orsay, sur la partie VTT…

Et finalement, après m'être sentie moins ridicule par le "doublage" des 6ème et 7ème (leur point fort à eux doit plus être la montée) je rattrape tout de même deux filles du 28 km. J'ai peur d'être une grosse prétentieuse en leur demandant poliment si elles veulent bien me laisser les doubler.. J'entame donc une descente qui me parait scabreuse dans les pierres mais je ne veux pas les avoir dépassées pour les bloquer derrière moi … Un peu plus loin je me prends les pieds dans une pierre qui dépasse, pense très fort à Agnès,…mais me rattrape…


Zut, des crampes s'installent derrière les cuisses et aux mollets … Evidemment pas de Sporténine sur moi.. Aïe !! Ne surtout pas m'arrêter je tiens à conserver mes 5 coureuses derrière moi !! Du coup pas d'étirements possibles, fierté surement mal placée, oblige .. Je bois un coup (pas d'envie pipi depuis au moins 6 heures de course approximatives, toujours aucune notion de l'heure ceci dit, ce qui signifie hydratation insuffisante… Mais heureusement, car je n'aurais pas survécu mentalement à une pause pipi à ce moment là, j'en suis à compter les secondes).


J'essaie de me décontracter au maximum, et continue, quand je tombe sur un bambin de 5-6 ans à vue de nez, qui joue aux petites voitures au bord du chemin, et qui m'annonce "plus qu'un kilomètre!!" "TU ES SUR ???" Je ne peux pas y croire .. Cela m'a paru court, je ne peux pas m'imaginer avoir déjà fait 7 km … "oui c'est ma mémé qui me l'a dit" !! Ha bon, alors là, si mémé l'a dit… Et là, comme par hasard, les crampes disparaissent… et au bout du chemin une route goudronnée, des promeneurs avec une poussette, l'église en vue !!! Deux bénévoles au bord de la route à qui je demande un brin affolée s'il y a un détour à faire dans le village ... "NON, plus que 400 mètres "!!!


Evidemment, d'une seconde à l'autre, 400 mètres me semblent une éternité, mais je reconnais, j'arrive où j'avais attendu Olivier l'année dernière, j'approche VRAIMENT …. Plus que la ligne droite sur le parking avec l'arche d'arrivée en vue !! J'entends Marie Ange Agnès et Pierre-Yves qui m'encouragent !!!! C'est FINI !

QUE DU BONHEUR !! Deux demi courses en une réussies. Je n'ai même pas souffert, mais là, merci Agnès !! Mon rôle dans ma première demi course m'a bien plu, j'espère avoir été à la hauteur.. et qu'elle ne m'en veut pas de l'avoir embarquée la dedans…La deuxième demi course en "Dernier des Mohicans" revisité certes, (en moins athlétique et moins héroique), m'a bien plu aussi ! Au total pas de pêtage de chronomètre, deuxième demi course en environ 2h30 ..mais du coup pas de stress .. 


Définitivement JE PREFERE LE TRAIL au marathon, et LA MONTAGNE au macadam Parisien !!! Je suis réconciliée avec la course à pied et prête, mentalement au moins, pour le 35 km du Verdon, qui s'intègre dans mon projet de tenter le semi raid de La Réunion .. si je trouve un(e) co-équipier(e) ... (ceci est un appel au secours, RECHERCHE compagnie dans le cirque de Mafate !!... Promis juré, je m'équiperai mieux et pourrai parer à d'éventuelles blessures !!)

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article